lundi 20 février 2017

Pause

Bonsoir, un petit mot en passant pour vous prévenir que je met le blog en pause pour quelques semaines. Cela fait près de cinq ans que je tiens ce journal. Une pratique d'écriture enrichissante mais souvent chronophage et malheureusement sans grande visibilité dans le vaste océan du net. Je n'ai plus le désir de consacrer autant d'énergie à la confection de mes posts.
Je vais donc prendre un peu de temps pour souffler et passer à autre chose, consacrer d'avantage de temps à des activités plus diversifiées et d'autres travaux d'écriture. Je n'abandonne pas pour autant ce site, mais lui attribuerai un nouveau format d'écriture proposant des articles plus courts, à un rythme bimensuel, où je ne présenterai plus qu'une seule production artistique - roman, bande-dessinée, film, etc - à la fois. Je posterai aussi éventuellement des fragments de mes nouvelles.
Saint Cecilia/Sainte Cécile par John William Waterhouse (1895)
 Je vous quitte sur une représentation de Sainte Cécile, patronne des musiciens et un beau morceau de piano, à bientôt !

lundi 6 février 2017

Scènes d'intérieur

Bonsoir, comme je dispose de peu de temps en ce moment et qu'il a fait exceptionnellement froid ces dernières semaines sur l'ensemble du pays, je vous propose quelques représentations picturales d'intérieurs chaleureux réalisés par des femmes peintres.
Commençons par Helen Mabel Trevor (1831-1900). Artiste irlandaise, née dans un village reculé, elle s'initie très jeune à la peinture avec l'appui de son père. Suite au décès de leurs parents, l'apprentie peintre et sa sœur voyagent à travers l'Europe, s'exilant en Angleterre puis en Italie, avant de s'établir à Paris. Ses diverses escapades en Bretagne, Cornouailles et Normandie inspirent à Helen Trevor une abondante production de tableaux sensibles et touchants dépeignant la vie des petites gens, à l'instar de l’œuvre ci-dessous An Interior of a Breton Cottage/Intérieur d'un cottage breton, réalisée en 1892.
Poursuivons avec Katsushika O-Ei (1800-1857), artiste nippone née à Edo, ancienne Tokyo, elle est l'une des quatre filles du célèbre peintre Hokusai dont elle fut le disciple et l'assistance dévouée tout en tentant d'émanciper son art de sa tutelle. Brièvement mariée, elle vécut la majeure partie de sa vie seule, consacrant ses jours à son art et à l'exploration de la société japonaise. On ignore dans quelle localité elle finit ses jours. Sa destinée a inspiré un beau film d'animation récent Miss Hokusai. L'estampe ci-dessous, non datée, s'intitule, Trois musiciens.
Terminons notre revue par une œuvre d'Asta Nørregaard (1853-1933). Peintre norvégienne, née à Christiana, ancienne Oslo. Orpheline de bonne heure, comme Helen Trevor, elle s'expatrie et s'initie à la peinture dans les écoles très académiques de Munich, avant de migrer à Paris où elle découvre l’impressionnisme. Son œuvre oscillera entre diverses tendances qui ne la rendront pas très populaire dans son pays mais fait le charme et l'originalité de ses toiles. Le tableau ci-dessous, peint en 1883, s'intitule I atelieret/L'atelier.
Pour conclure, je vous laisse découvrir la chaîne de Passé sauvage qui vulgarise avec brio des recherches en histoire et archéologie, il est ici question de la signification des menhirs, à bientôt !


dimanche 22 janvier 2017

Métempsychose

Bonjour, retour à la culture orientale pour clôturer le mois de janvier avec la découverte d'œuvres d'auteurs japonais. Le thème de la communication entre différents univers et de la transmigration des âmes ou métempsychose est solidement ancré dans l'art nippon, et en particulier la littérature, depuis le Moyen-Âge. Nous allons aujourd'hui présenter un roman et un long-métrage d'animation récents mettant en scène ces thématiques à travers les destinées de personnages adolescents, dans un cadre à la fois contemporain et imprégné de légendes anciennes.
Kafka sur le rivage d'Haruki Murakami, publié en France en 2006 est un surprenant roman d'initiation, à la fois conte moderne et fable philosophique.
Kafka Tamura, le narrateur, fuit le jour de ses quinze ans la belle maison bourgeoise tokyoïte de son père, sculpteur de renom, pour échapper à la funeste prédiction que ce dernier lui a lancée. Parvenu à l'âge adulte, il le tuerait et coucherait avec sa mère et sa sœur, disparues depuis sa petite enfance. De l'autre côté de la ville, Nakata, vieillard simple d'esprit, quitte également son petit logement pour se lancer à la recherche de chats de son quartier kidnappés par un dangereux inconnu. C'est que le vieil homme, amnésique depuis l'enfance suite à un long et inexplicable coma dans lequel fut plongé un petit groupe d'enfants à la fin de la Seconde guerre mondiale, possède d'étranges facultés. Communiquer avec les animaux ou déclencher des troubles météorologiques incongrus par exemple... Les deux protagonistes, sans se croiser, cheminent de concert jusqu'à une petite presqu'île boisée où les attendent une bibliothèque dirigée par une belle femme, énigmatique et triste, et une pierre qui aurait le pouvoir de réinstaurer l'ordre du monde bouleversé des années plus tôt. Il est très difficile de résumer ce roman excessivement inventif et foisonnant où personnages et époques s'entrecroisent dans une logique parfaitement maîtrisée. C'est une lecture ardue quoique très addictive que je conseille à tous les amateurs de réalisme magique dès le lycée.

Your name de Makoto Shinkai, sorti en 2016 est un superbe film d'animation atypique, entre la romance adolescente et la fable de science-fiction teintée de mysticisme.
Mitsuha et Taki, deux lycéens inconnus l'un de l'autre que tout oppose - elle vit dans une petite cité lacustre de province, lui au cœur de la grouillante métropole de Tokyo - se retrouvent un beau jour à échanger leurs corps, se réveillant quelques matinées par semaine dans la peau de l'autre. Phénomène troublant, impossible à maîtriser ou expliquer, qui engendre bien des situations pénibles ou cocasses auprès de leurs proches. Au fil du temps, les deux adolescents apprennent à se connaître et tentent d'améliorer leurs vies respectives à travers ses échanges impromptus. Ils envisagent de se rencontrer, jusqu'à ce qu'une nuit, à la faveur du passage d'une comète, Taki perde brusquement tout contact avec Mitsuha. Comme s'ils n'avaient jamais existé, les échanges cessent. C'est lorsque le jeune garçon se lance à la recherche de sa compagne en esprit qu'il réalisera que leur éloignement n'est pas uniquement spatial mais temporel, et qu'il faudra retourner aux sources d'une vieille coutume sur la migration des âmes, transmise par la grand-mère de Mitsuha, pour espérer la revoir un jour. Je conseille ce film, charmant sans être mièvre et plein de rebondissements à tous les publics dès le collège.
Terminons par une sympathique chanson d'un groupe indonésien, à bientôt !

samedi 7 janvier 2017

2017 année durable

Bonjour et bonne année à tou-te-s, j'adresse mes meilleurs vœux et pensées au monde pour les douze prochains mois. 2017 est l'année du coq selon le calendrier chinois, le centenaire de la révolution russe, de l'entrée en guerre des États-Unis, de la bataille du chemin des dames et de bien d'autres faits historiques dont je vous épargne la liste. Les Nations Unies l'ont également proclamée année internationale du tourisme durable, vœu pieux pour préserver notre planète fragilisée par nos frénétiques activités. En attendant débutons l'année par des poèmes destinés à célébrer les mois et saisons à venir, composés par deux autrices contemporaines méconnues.
Rosemonde Gérard (1866-1953), poétesse et comédienne française, fut une artiste mondaine dont les talents furent célébrés dans son cercle de connaissances. Fille illégitime d'un conte, elle épousa Edmond Rostand, union et vie de famille heureuses qui laissèrent cependant sa propre œuvre dans l'ombre de celle de son époux. Le poème ci-dessous est illustré par la première vignette de l'année mythologique d'Eugène Grasset.

 La ronde des mois

Janvier prend la neige pour châle ;
Février fait glisser nos pas ;
Mars de ses doigts de soleil pâle,
Jette des grêlons aux lilas.

Avril s’accroche aux branches vertes ;
Mai travaille aux chapeaux fleuris ;
Juin fait pencher la rose ouverte
prés du beau foin qui craque et rit.

Juillet met les oeufs dans leurs coques
Août sur les épis mûrs s’endort ;
Septembre aux grands soirs équivoques,
Glisse partout ses feuilles d’or.

Octobre a toutes les colères,
Novembre a toutes les chansons
Des ruisseaux débordant d’eau claire,
Et Décembre a tous les frissons.

Janus-Janvier par Eugène Grasset (1913)

Louisa Paulin (1888-1944), poétesse occitane, est surtout connue dans le sud dont elle célébra la langue et la culture dans ses écrits, poèmes, articles de journaux, amorces de romans. Institutrice de formation, elle mena de front une carrière littéraire et académique brillante, couronnée par de nombreux prix, une vie bien remplie malheureusement endeuillée par la perte de ses enfants et la maladie.  

 La nouvelle année

 Nouvelle année, année nouvelle
Dis-nous, qu’as-tu sous ton bonnet ?
J’ai quatre demoiselles,
Toutes grandes et belles.
La plus jeune est en dentelle.
La seconde en épis,
La cadette est en fruits
Et la dernière en neige.
Voyez le beau cortège !
Nous chantons, nous dansons
La ronde des saisons.
Les quatre saisons de l'Autre Monde par Florence Magnin (née en 1950)
Terminons par quelques majestueuses vagues mises en musique, à bientôt !