jeudi 23 mars 2017

Frères ennemis

Bonsoir, en ces temps plus que troublés, entre violences en France et ailleurs en Europe, corruptions politiques diverses, j'avais aujourd'hui envie de vous parler d'un beau documentaire historique en quatre volets. Juifs et Musulmans, si loin si proches réalisé par Karim Miské et diffusé pour la première fois sur Arte en 2013 retrace l'histoire des peuples de confessions et cultures juives et musulmanes, de la naissance de l'Islam au septième siècle de notre ère jusqu'à nos jours.
Le titre souligne le paradoxe de ces deux groupements de peuples dont la proximité culturelle, religieuse et géographique indéniable - les populations juives et musulmanes sont à la base des peuples sémites,  et le texte du Coran s'inspire en partie des traditions de la Torah et de la Bible, eux-mêmes issus de récits beaucoup plus anciens - n'a pu enrayer un antagonisme politique devenu viscéral en à peine un siècle, sur plus d'un millénaire de cohabitation, plus ou moins houleuse. Depuis le départ de Mahomet de Médine, suite au refus des tribus juives locales de se laisser convertir, Juifs et Musulmans se sont jaugés et combattus, tels des frères ennemis, mais n'ont jamais cessé de se suivre, d'échanger et partager leurs atouts culturels, et de vivre parfois en heureux compagnonnage, comme ce fut le cas en Andalousie durant le siècle d'or, ou de monter des alliances de circonstance en temps de guerre, contre les combattants chrétiens lors des croisades par exemple.
Ce documentaire adopte une forme originale faite de séquences de film d'animation reconstituant les différentes étapes de cette épopée commune, mêlées à des interventions d'historiens, ethnologues et autres spécialistes du sujet. Le ton est à la fois rigoureux et très accessible, et, sans prendre partie pour les uns ou les autres, invite à une forme de reconnaissance et de réconciliation. Un film intelligent et nécessaire, parfait à montrer lors d'un cours d'histoire à des collégiens et des lycéens.
Terminons par un petit extrait,
et une prestation de Leïla Mourad, chanteuse égyptienne réputée, à bientôt !

dimanche 5 mars 2017

Bouquet chinois

Bonsoir, comme promis le blog est de retour avec un nouveau format d'écriture plus court et concis. Reprenons nos escapades littéraires avec un roman choral asiatique. L'autrice, Wei-Wei est née en Chine. Adolescente à l'époque de la Révolution culturelle, elle est envoyée passer plusieurs années travailler à la campagne avant d'entreprendre des études de langues. Formée au français, elle quitte son pays pour s'installer à Paris avant de migrer vers l'Angleterre.  Fleurs de Chine est son troisième roman. Il a été rédigé en français, comme ses autres œuvres, et est paru en 2001.
Ce roman est composé de seize récits, tous contés à la première personne. Quinze femmes et filles, de générations et de conditions fort différentes retracent par petites touches l'histoire de la Chine du vingtième siècle, d'un patriarcat agraire à la dictature néolibérale actuelle, en passant par la révolution maoïste. On découvre des figures humbles ou hautes en couleurs, que rien ne semble relier de prime abord, si ce n'est leurs prénoms de fleurs. Les destinées de Chrysanthème, ancienne esclave devenue soldat de l'armée rouge, Jasmin, executive-woman tentant de faire fortune à la bourse, Lotus paysanne en lutte pour conserver ses terres ou encore Azalée, lycéenne délurée et bien d'autres, sont pourtant liées par une multitude de liens que l'on découvre au fil de leurs discours. Parmi ce chœur, une voix ouvre et ferme le recueil, celle de Ketmie, sorte de double de la romancière, quadragénaire solitaire qui suite à un divorce houleux, plaque tout pour se lancer dans une vie itinérante sur les routes de Chine. C'est elle, interlocutrice discrète, qui recueille et met en forme les confidences de ces inconnues devenues proches au point de lui dévoiler leur intimité. Je conseille vivement ce roman vivant, fluide et très instructif, qui quoique dense se dévore, à tous les publics dès le lycée.
Terminons par un petit cours d'initiation au chinois mandarin, à bientôt !

lundi 20 février 2017

Pause

Bonsoir, un petit mot en passant pour vous prévenir que je met le blog en pause pour quelques semaines. Cela fait près de cinq ans que je tiens ce journal. Une pratique d'écriture enrichissante mais souvent chronophage et malheureusement sans grande visibilité dans le vaste océan du net. Je n'ai plus le désir de consacrer autant d'énergie à la confection de mes posts.
Je vais donc prendre un peu de temps pour souffler et passer à autre chose, consacrer d'avantage de temps à des activités plus diversifiées et d'autres travaux d'écriture. Je n'abandonne pas pour autant ce site, mais lui attribuerai un nouveau format d'écriture proposant des articles plus courts, à un rythme bimensuel, où je ne présenterai plus qu'une seule production artistique - roman, bande-dessinée, film, etc - à la fois. Je posterai aussi éventuellement des fragments de mes nouvelles.
Saint Cecilia/Sainte Cécile par John William Waterhouse (1895)
 Je vous quitte sur une représentation de Sainte Cécile, patronne des musiciens et un beau morceau de piano, à bientôt !

lundi 6 février 2017

Scènes d'intérieur

Bonsoir, comme je dispose de peu de temps en ce moment et qu'il a fait exceptionnellement froid ces dernières semaines sur l'ensemble du pays, je vous propose quelques représentations picturales d'intérieurs chaleureux réalisés par des femmes peintres.
Commençons par Helen Mabel Trevor (1831-1900). Artiste irlandaise, née dans un village reculé, elle s'initie très jeune à la peinture avec l'appui de son père. Suite au décès de leurs parents, l'apprentie peintre et sa sœur voyagent à travers l'Europe, s'exilant en Angleterre puis en Italie, avant de s'établir à Paris. Ses diverses escapades en Bretagne, Cornouailles et Normandie inspirent à Helen Trevor une abondante production de tableaux sensibles et touchants dépeignant la vie des petites gens, à l'instar de l’œuvre ci-dessous An Interior of a Breton Cottage/Intérieur d'un cottage breton, réalisée en 1892.
Poursuivons avec Katsushika O-Ei (1800-1857), artiste nippone née à Edo, ancienne Tokyo, elle est l'une des quatre filles du célèbre peintre Hokusai dont elle fut le disciple et l'assistance dévouée tout en tentant d'émanciper son art de sa tutelle. Brièvement mariée, elle vécut la majeure partie de sa vie seule, consacrant ses jours à son art et à l'exploration de la société japonaise. On ignore dans quelle localité elle finit ses jours. Sa destinée a inspiré un beau film d'animation récent Miss Hokusai. L'estampe ci-dessous, non datée, s'intitule, Trois musiciens.
Terminons notre revue par une œuvre d'Asta Nørregaard (1853-1933). Peintre norvégienne, née à Christiana, ancienne Oslo. Orpheline de bonne heure, comme Helen Trevor, elle s'expatrie et s'initie à la peinture dans les écoles très académiques de Munich, avant de migrer à Paris où elle découvre l’impressionnisme. Son œuvre oscillera entre diverses tendances qui ne la rendront pas très populaire dans son pays mais fait le charme et l'originalité de ses toiles. Le tableau ci-dessous, peint en 1883, s'intitule I atelieret/L'atelier.
Pour conclure, je vous laisse découvrir la chaîne de Passé sauvage qui vulgarise avec brio des recherches en histoire et archéologie, il est ici question de la signification des menhirs, à bientôt !